Jour 10 : Auguste Rodin et les danseuses cambodgiennes…

juin 15, 2016 by Gregory Herpe

Nous sommes en juillet 1906, et lors de son passage à Paris pour une représentation exceptionnelle au théâtre du Pré Catelan, dans le bois de Boulogne, Auguste Rodin est subjugué par les mouvements d’une danse pourtant inconnue : la danse cambodgienne.

Sous le choc émotionnel, il démarre une série de dessins. Mais les danseuses sont attendues à Marseille!

Rodin ne peut se résoudre à les voir partir avant que de maîtriser totalement leurs mouvements. Il quitte tout, séance tenante, et les accompagne à Marseille, sans même prendre le temps d’emporter ni papier, ni matériel.

La série d’études de mouvements et de drapés féminins, qu’il accomplira alors est considérée aujourd’hui comme l’une des toutes meilleures de sa carrière. En une semaine, il exécute 150 dessins, avant que les danseuses du ballet royal n’embarque pour le Cambodge. Il est fasciné par la grâce esthétique de leurs mains et de leurs bras. Plus tard, il aquarellera ces esquisses avec une harmonie frisant la perfection.

Rodin attachera une importance toute particulière à cette série et l’exposera dans les plus prestigieux endroits, démontrant ainsi que le sculpteur de génie était aussi un impressionnant dessinateur.

Aujourd’hui, les danses « Apsaras » connaissent une popularité de plus en plus vive.

Les Khmers offrent les danses aux génies afin qu’ils chassent les malheurs de toutes sortes,ramène la paix, ou des pluies abondantes. Parfois, l’on danse pour se divertir et oublier les lassitudes d’une pénible vie.

Ce matin, à Happy Chandara, des élèves de tous âges prenaient leur cours de danse cambodgienne.

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Il est étonnant de constater la rigueur avec laquelle elles assouplissent leurs doigts, leurs pieds.

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Les regards sont sérieux, profonds, et l’on voit dans leurs yeux qu’il ne s’agit pas de plaisanter avec la tradition.

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L’émotion est palpable, et je comprends Rodin, admiratif et sans voix devant ces corps gracieux se distendant avec une rare harmonie.

Petit tour dans le village de Prek Thmey ; juste le temps de croiser deux garnements qui, nus comme des vers, se douchent en riant. Ils me lancent de l’eau avec une casserole, explosant de rire à chaque fois qu’ils touchent leur cible!

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Allez…L’école est finie pour aujourd’hui…

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