Mondial de Foot au Brésil: Fatboy Slim fera danser le monde

juin 6, 2014 by Gregory Herpe

Le DJ anglais, qui sort un disque brésilien électro, vivra sa troisième Coupe du monde au plus près de l’équipe d’Angleterre.

Fatboy Slim aime se proclamer « DJ non officiel de la Coupe du monde ». Connu pour ses tubes planétaires de la fin des années 1990, début 2000 (The Rockafeller Skank, Right Here, Right Now, Praise You…), Norman Cook, son autre pseudonyme, l’est moins pour son côté agent d’ambiance durant les grandes compétitions. Pourtant, après le Japon en 2002 et l’Afrique du Sud en 2010 (sans compter l’Euro en 2004 et en 2012), l’artiste anglais s’apprête à vivre son troisième Mondial. Neuf concerts sont prévus au Brésil autour de cinq matches, dont ceux de l’Angleterre. Sans aucun lien avec l’organisation officielle, mais en bonne intelligence avec la fédération anglaise (FA). « Je suis devenu une sorte de mascotte. Un peu comme l’England Band, ce groupe venu de Sheffield qui met de l’animation dans les tribunes avec trompettes, clairons et grosse caisse, et à qui la FA offre des billets », se marre-t-il.

« Consultant délire »

Assister aux matches puis « faire danser les fans quand il n’y a plus de football », voilà qui comble ce sobre quinquagénaire : « Je suis plus un fan des tournois internationaux que de l’équipe d’Angleterre. Je trouve ça cool, tous ces gens venus de partout qui se rassemblent. Et, plus encore, de faire partie intégrante de l’événement. Tu as le sentiment de représenter ton pays. Au Japon, il y avait assez peu d’Anglais, mais on sortait tous ensemble. Je suis devenu le consultant délire à la télé. En Afrique du Sud, on a fait quelques gros concerts, mais c’était plus une excuse pour être là. »

Au Brésil, la tournée n’a pas été compliquée à organiser. Le roi du big beat y est presque plus populaire que dans son pays. « C’est une histoire d’amour qui roule », apprécie celui qui a déjà joué devant 360.000 personnes sur la plage de Flamengo, à Rio, il y a dix ans. Il a poussé l’histoire jusqu’à « produire une bande-son alternative non approuvée par la Fifa » : ce disque de remix électro de musiques brésiliennes, Bem Brasil, sort demain. « La chanson officielle est interprétée par Jennifer Lopez et Pitbull (We Are One). Je me suis dit que le Brésil méritait mieux. » De manière générale, il n’aime pas les chansons officielles. « Ça ne marche jamais. Les hymnes de foot viennent de pop songs qui ont été appropriées. »

Avec le foot, Fatboy Slim entretient une relation étonnante vue de France. Il ne s’intéresse pas à la clinquante Premier League, uniquement à son club, Brighton & Hove Albion, 6e de Championship (deuxième division anglaise) cette saison. Il s’y est même impliqué financièrement. Il synthétise ses sentiments : « Je suis mon équipe avec passion. Je dois supporter l’Angleterre parce que je suis anglais. » Il ne se berce pas d’illusions sur les chances de la sélection nationale au Mondial. Il met plutôt une pièce sur l’Argentine. Son cœur et le climat social lui indiquent pourtant le Brésil : « Si la Seleção commence à perdre, ça pourrait prendre une sale tournure. »

Ronaldo et sa cravate sur la tête

Même s’il les accompagne en musique depuis 2002, Fatboy Slim assure n’avoir « aucun rapport » avec les internationaux anglais. « Ils ne sont pas encouragés à fréquenter les DJ ou à aller en boîte. » Il se rappelle bien avoir croisé l’équipe de Manchester United la nuit précédant le mariage de David Beckham (« Ils se sont bien conduits »). Mais son grand souvenir, c’est les fiançailles du Brésilien Ronaldo en 2005 au château de Chantilly. Il était aux platines. « Il venait à mes shows, on a sympathisé. C’était quelque chose de le voir danser avec sa cravate autour de la tête, serrant tout le monde dans ses bras. J’aime son côté vilain garçon autodestructeur. J’aime les footballeurs un peu barrés. Je crois que les Brésiliens sont meilleurs que les Anglais au foot et en soirées. »

Solen Cherrier, envoyé spécial à Londres  – Le Journal du Dimanche

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