Belfast

Belfast, Irlande du Nord…

L’atmosphère y est lourde, pleine d’une tension palpable…Respirer dans Belfast, c’est respirer l’histoire sanglante de la ville…on suffoque, on blêmit…

Il faut quitter le centre-ville, touristique, et s’aventurer dans les quartiers de Falls Road, de Shankill, de East Belfast, pour comprendre…

Là, dès que je sors mon appareil photo, il y a quelqu’un qui m’observe. Plus que ça, qui me scrute, me surveille, comme si il fallait savoir « qui je suis » et « ce que je fais »…

Par hasard, je tombe sur un bar de l’IRA, dans Falls Road…J’entre, on m’observe…On y vend des drapeaux indépendantistes ou à la gloire de Bobby Sands, héros républicains, membre de l’IRA provisoire. Il est mort dans la prison de Maze, après une grève de la faim de 66 jours dans son combat pour la dignité des prisonniers politiques…

Je prends un café…Le « boss » vient me demander d’où je viens, qui je suis…Mais il est plutôt détendu, sympa, on plaisante…

Un type rentre à son tour avec un grand sac en plastique qu’il pose sur une table avec un bruit sourd…Il en sort un Sturmgewehr 44, fusil d’assaut du IIIème Reich en 1942, considéré comme l’ancêtre du AK 47 ou Kalachnikov…

Ils le regardent, rigolent, puis le 1er type me le présente et le mets entre mes mains…Il est quoi…8h30 ?…Et je prends un café avec des types de l’IRA, à Belfast, une arme de guerre entre les mains…

Puis on me montre un énorme fusil de snipper, une arme que l’on ne voit que dans les films…Ils insistent, ensuite, pour poser pour moi, avec leurs armes…Il y a des hasards que l’on provoque, inconsciemment…

Quinze ans après la signature d’un accord de paix, Belfast a subi de profonds changements. Mais les divisions demeurent entre catholiques et protestants.

Pour comprendre comment « les troubles» ont façonné la société nord-irlandaise, rien de plus simple ; il faut se promener le long des rues… Belfast est un musée à ciel ouvert. Les fresques murales célébrant les acteurs du conflit, sont partout dans la ville.

En 1998, la paix a été Officiellement retour par la signature de l’Accord du Vendredi Saint. Il aura fallu une trentaine d’années de combats et plus de 3500 tuées à la suite du conflit pour en arriver là. Aujourd’hui, les ennemis d’hier sont réunis autant à l’assemblée que dans l’exécutif mais ils sont toujours divisés. Entre eux, des kilomètres de béton, de barbelés, de barricades, construits pour éviter les affrontements entre les deux communautés sont toujours debout.

Dans certains quartiers, les murs sont le reflet des tension persistantes.

L’IRA est encore en vie, comme d’autres groupes catholiques et protestants…